Transfiguration

La résurrection de Lazare (vers 1609) par le Caravage.

lazareressurection

“Exorde.

« Cette maladie n’est point à mort » (Jean, XI, 4) et cependant Lazare mourut ; mais comme les disciples mécomprenaient la suite : « Lazare, notre ami, s’est endormi, mais je m’en vais le réveiller de son sommeil », le Christ leur dit, sans ambiguïté : « Lazare est mort » (XI, 14). Lazare est donc mort et ce n’était point pourtant une maladie mortelle, c’est un fait qu’il est mort, sans avoir été cependant malade à mort. Le Christ, évidemment, pensait, ici, à ce miracle qui montrerait aux contemporains, c’est-à-dire à ceux qui peuvent croire, « la gloire de Dieu », à ce miracle qui réveilla Lazare d’entre les morts ; en sorte que « cette maladie, non seulement n’était point à mort, mais, il l’a prédit, à la gloire de Dieu, afin que le fils de Dieu en fût glorifié ». Mais, quand bien même le Christ n’eût réveillé Lazare, serait-il pas moins vrai que cette maladie, la mort même, n’est point à mort !

Dès que le Christ s’approche du tombeau en criant : « Lazare, lève-toi et sors ! » (XI, 43), nous sommes sûrs que « cette » maladie n’est point à mort. Mais même sans ces mots, rien qu’en s’approchant du tombeau, Lui, qui est « la Résurrection et la Vie » (XI, 25) n’indique-t-il pas que cette maladie-là n’est point à mort ? et par l’existence même du Christ, n’est-ce pas l’évidence ? Quel profit, pour Lazare, d’être ressuscité pour devoir finalement mourir ! Quel profit, sans l’existence de Celui qui est la Résurrection et la Vie pour tout homme qui croit en Lui !

Non, ce n’est point par la résurrection de Lazare que cette maladie n’est point à mort, c’est parce qu’il est, c’est par Lui. Car dans la langue des hommes la mort est la fin de tout, et, comme ils disent, tant va la vie, tant l’espoir. Mais, pour le chrétien, la mort n’est nullement la fin de tout, ni un simple épisode perdu dans la seule réalité qu’est la vie éternelle ; et elle implique infiniment plus d’espoir que n’en comporte pour nous la vie, même débordante de santé et de force.”

Kierkegaard, Traité du désespoir (ou “la maladie mortelle”)

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Cinéphile
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