Théophanie

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Souvent quand le chagrin voile nos pleurs funèbres
La lueur, ainsi qu’un chagrin plus ancien
Se reforme à nos yeux, voisine des phosphènes
Que l’obscurité noire arrache au souterrain,
Comme un reste de cri dans un reste d’aurore;

La prière latine est parlée à l’obscur
La prière disjoint des lèvres machinales
Et la soumission avec l’immense ardeur
Se refont pour un monde seulement à refaire

Te refaire univers de la vie! Arracher
Ton corps chaud à l’abîme où il entre et il plonge
Chaque jour plus avant par un effort maudit;
Te refaire d’un sang de passion de songe
Beau selon le visible invisible de Dieu!

Pierre-Jean Jouve, Mélodrame.

 

*Illustration : Moine en prière par Edouard Manet

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Cinéphile
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