L’intériorité kierkegaardienne, l’intérieur kierkegaardien

 

emmanuel-de-witte-1617-92-interieur-avec-une-femme-jouant

“On monte au premier étage d’une maison éclairée au gaz, on ouvre une petite porte et on se trouve dans l’entrée. A gauche, il y a une porte vitrée qui conduit dans un cabinet. On continue tout droit et on arrive dans une antichambre. Derrière se trouvent deux pièces tout à fait identiques quant aux dimensions, tout à fait identique quant à l’ameublement, comme si on voyait une des pièces en double dans un miroir. La pièce de derrière est décorée avec beaucoup de goût. Il y a un candélabre sur une table de travail ; devant celle-ci, un fauteuil aux lignes légères, recouvert de velours rouge. La pièce de devant n’est pas éclairée. Ici, la pâle clarté de la lune se mêle au puissant éclairage de la pièce de derrière. On s’assied sur une chaise près de la fenêtre, on regarde la grande place et on voit se hâter les ombres des passants sur les murs des maisons ; tout se transforme en un décor de théâtre. Une réalité de rêve se met à poindre dans l’arrière-fond de l’âme.”

Søren Kierkegaard, La reprise, O.C, III, p.81 (Editions de l’Orante)

 

Illustration : Emmanuel de WITTE (1617-1692) – Intérieur avec une femme jouant de l’épinette. © Musée des Beaux Arts, Montréal.

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Cinéphile
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